Le journal des actionnaires #66 - Été 2021

Analyse & perspectives par Jean-Pierre Sbraire, Directeur Financier

ANALYSE & PERSPECTIVES

© Lutt Julien - Capa - TotalEnergies

Le secteur Integrated Gas, Renewables & Power atteint un résultat opérationnel net ajusté de 1 milliard de dollars, le plus élevé de son histoire.

Par Jean-Pierre Sbraire 
Directeur Financier

Au premier trimestre, la Compagnie tire pleinement parti de prix du pétrole et du gaz en hausse de respectivement 38 % et 24 % par rapport au 4e trimestre 2020 et de sa stratégie de croissance dans le gaz naturel liquéfié (GNL) et les Renouvelables et Électricité.

La Compagnie réalise ainsi un résultat net ajusté de 3 milliards de dollars, supérieur à celui du 1er trimestre 2019 avant crise, malgré un environnement moins favorable, tirant parti des plans d’action mis en œuvre pendant la crise. Le cash-flow (DACF*) s’élève à 5,8 milliards de dollars et le taux d’endettement retrouve un niveau inférieur à 20 % dès ce premier trimestre 2021. Le Conseil d’administration confirme l’objectif d’ancrer durablement le ratio d’endettement de la Compagnie sous les 20 %. Le point mort cash organique est inférieur à 25 dollars par baril au premier trimestre.

Le secteur Integrated Gas, Renewables & Power (iGRP) atteint un résultat opérationnel net ajusté de 1 milliard de dollars, le plus élevé de son histoire, et génère une marge brute d’autofinancement de plus de 1 milliard de dollars, grâce à la croissance de ses ventes de GNL et la contribution positive des activités Renouvelables et Électricité. Ainsi, sur un an, la capacité brute installée de production d’électricité renouvelable a crû de 3 à 7,8 GW, la production d’électricité renouvelable a plus que doublé, la production d’électricité a augmenté de plus de 60 % et la Compagnie a désormais plus de 5 millions de clients en France.

Avec un résultat opérationnel net ajusté de 2 milliards de dollars, l’Exploration-Production a pleinement capturé la hausse du prix du pétrole et est ainsi un fort contributeur de cash-flow avec une marge brute d’autofinancement de 3,8 milliards de dollars.

L’amélioration de l’environnement de l’Amont contraste avec des marges de raffinage européennes très dégradées, en recul de 80 % sur un an, affectées par la faible demande de produits pétroliers.

Le résultat opérationnel net ajusté de l’Aval s’établit à plus de 500 millions de dollars soutenu par la très bonne performance de la pétrochimie et la résilience du Marketing & Services.

Face aux incertitudes liées à l’environnement, la Compagnie maintient la discipline sur les dépenses, avec un objectif d’économies des coûts opératoires de 0,5 milliard de dollars en 2021 et des coûts de production proches de 5 dollars par baril équivalent pétrole. Les investissements nets sont prévus entre 12 et 13 milliards de dollars en 2021, dont la moitié pour le maintien des activités de la Compagnie et l’autre moitié pour sa croissance. Sur ces investissements de croissance, près de 50 % seront alloués aux renouvelables et à l’électricité.

Dans un environnement de prix des hydrocarbures qui se maintiendrait sur l’année 2021 au niveau de celui du premier trimestre (60 dollars par baril pour le Brent, 6 dollars par MBtu pour le prix du gaz européen), de marge de raffinage européenne à 10-15 dollars par tonne, la Compagnie prévoit une génération de cash-flow (DACF*) de l’ordre de 24 milliards de dollars en 2021 et une rentabilité des capitaux employés proche de 10 %.

La Compagnie confirme ses priorités en termes d’allocation du cash-flow : investir dans des projets rentables pour mettre en œuvre la stratégie de transformation de la société en une Compagnie multi-énergies, soutenir le dividende à travers les cycles économiques, maintenir un bilan solide et une notation long terme à un niveau minimum « A » en ancrant durablement le ratio d’endettement de la Compagnie sous les 20 %.

* Marge brute d’autofinancement hors frais financiers (DACF)

Taux d’endettement

Il s’agit de la dette nette divisée par (dette nette + capitaux propres part de la Compagnie + intérêts minoritaires ne conférant pas le contrôle).

Ce taux permet de rapporter la dette financière nette de la Compagnie à son capital.